j’suis là

On dit souvent que la vie c’est comme en vélo: tant que tu avances, tu ne tombes pas.  Ben j’pense que j’suis là.  Là où on a pu l’choix d’arrêter de pédaler parce qu’on a mal aux jambes, même si on sait qu’on va inévitablement se péter la face sur le ciment.  Qu’on va finir les genoux et les coudes écorchés.  J’aurais encore besoin de mes p’tites roues, j’pense.

Je suis rendue à cette place où on ne comprend toujours pas «pourquoi pas moi?»  Pourquoi tous ceux qui m’entourent reçoivent tout ce que moi je désire, même (et surtout) ceux qui ne le méritent pas?  Qu’est-ce que je fais donc de pas correct?  Qu’est-ce qui fait qu’encore une fois, je me retrouve ici à ne plus savoir comment faire pour que ça se passe autrement?  À 40 ans, j’ai l’impression que ma vie ne vaut rien.  Que je suis sur Terre pour travailler, payer et mourir.  Et voilà.  Quel beau gâchis.

Je ne pédale plus, je n’ai pas de coussin de sécurité.  Je tombe, souhaitez-moi bonne chance!

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Peine de prof

Ils sont en gang devant ma porte de classe fermée.  Ils se bousculent, se tiraillent, se crient des insultes.  Ils se lancent dans ma porte, la frappent, cognent.  Ils savent que je suis là, ça les fait rire.  Ça risque de mal finir car j’entends des insultes de plus en plus précises, ça finira sûrement en coups de poings et cette fois, je ne sortirai pas pour les arrêter.  Je ne mettrai plus jamais ma sécurité en danger pour me faire dire par la suite qu’il ne faut jamais «sauter dans le tas».  J’aurais dû laisser le petit se faire cogner encore plus.  Comme ça, les parents auraient pu sortir dans les médias et dire que je n’ai pas défendu leur angelot.  Méchante, méchante prof.  Celle dont la profession se fait descendre de tous bords, tous côtés.  Les vilains vilains enseignants qui ne comprennent donc rien.  Je suis tellement, tellement tannée!  J’aurai fait 20 ans.  20 ans d’amour envers ces jeunes qui m’ont donné tant de sourires et tant d’énergie.  20 ans et ce matin, je regarde les postes affichés au gouvernement.  Vous m’aurez eue, moi aussi, mais j’aurai fait 20 ans.

Merci la Vie!

39 ans… Ça aura pris 39 ans…  39 ans de quelques hauts et de plusieurs bas.  De violence verbale, physique, psychologique.  De peine, de larmes, de destruction, de déception.  Puis t’es arrivé comme une première brise chaude d’été.  Un message auquel j’ai failli ne pas répondre, parce que tsé, des inconnus qui écrivent à des inconnues, il y en a des tonnes sur les réseaux sociaux.  C’était d’ailleurs la deuxième fois que tu m’écrivais.  Oh, je me doute bien que tu as dû faire des tentatives sur plein de filles mais j’essaie de ne pas trop y penser.

Quand je t’ai vu te diriger vers le Tim Horton’s,  j’espérais vraiment que ce soit «toi».   Tout à fait mon genre d’homme.  Costaud, avec une barbiche, la casquette et les bottes.  Et j’avais pas encore vu tes belles grosses mains d’homme.  Quand tu t’es assis devant moi, avec ton café, j’ai reçu un coup dans le ventre et une nuée de papillons s’est échappée.  Première nouveauté.  Les papillons, je n’y croyais plus depuis longtemps. Quand tu m’as fait ton p’tit sourire qui me fait encore craquer à ce jour, celui avec la fossette, j’étais conquise.  Et plus tu parlais, plus je succombais.  Je te trouvais tellement beau que je ne pouvais détacher mes yeux de toi.  Puis j’ai dû quitter.  On s’est fait un gros câlin et mon manteau a senti ton parfum pendant des heures, j’étais sur un petit nuage.

On s’est revu, revu et revu encore.  Le reste, c’est notre histoire à nous, juste à nous.

Encore à ce jour quand je te regarde, ou même quand je pense à toi, je me surprends à sourire dans le vide comme une ado à son premier amour.  Et honnêtement, c’est comme ça que je me sens: comme une ado à son  premier amour.  Je ne pensais jamais avoir, dans mon coeur, la capacité d’aimer autant un autre être humain à part ma fille.  Je ne pensais jamais ressentir dans mon ventre ce manque de toi quand ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu.  Je ne pensais pas retrouver cette envie de me réveiller tous les matins de ma vie auprès de quelqu’un.  Je ne connaissais pas cette envie insatiable de sentir la peau de quelqu’un contre la mienne. Je ne croyais pas qu’on pouvait faire l’amour avec quelqu’un avec son âme entière. Je n’aurais jamais cru qu’une simple bouffée de parfum pouvait me faire chavirer comme ça. Je ne savais pas qu’on pouvait toucher mon visage sans que j’aie envie de frapper.  Tant de choses que je n’aurais jamais cru revivre, qui sont là grâce à toi.

Merci, mon minet, d’exister auprès de moi, pour toujours et à jamais, je l’espère.  coeur

Le bout de la route

Je suis peut-être rendue au bout de ma route avec toi.  3 ans après notre rupture, j’avais encore de l’espoir.  L’espoir que peut-être un jour…  Mais je pense que c’est fini.  On ne peut pas continuer à se texter sporadiquement pour se rassurer sur l’existence de l’autre.  On ne peut pas continuer à s’envoyer des photos.  Je ne peux pas continuer à être avec d’autres tout en me disant «à moins que l’Anglais revienne».  Je ne peux pas continuer à te texter aussitôt que j’ai un verre dans le nez.  Tu ne peux pas non plus continuer à m’envoyer des photos en me disant «I’m still cute, eh?» alors qu’un autre est dans ma vie.  Je t’ai aimé tout croche, je l’avoue.  J’ai mal joué mes cartes, je t’ai menti, je ne méritais pas ton amour.  On s’est arraché le coeur, on a essayé trop souvent; j’ai besoin de faire mon deuil. Et je ne peux pas le faire en continuant à te parler.

Goodbye Kevin

Bonne fête, là!

C’est ma fête et pourtant…

bday

Pourtant, j’me sens pas super contente d’avoir 40 ans parce que je ne suis pas du tout là où j’aurais voulu être pis criss que ça me déprime…

Pourtant, mon ado n’a pas réussi à me faire un seul sourire ni à me souhaiter bonne fête ce matin.  J’ai encore une fois eu droit à son air bête des grands jours et j’ai même eu droit à son légendaire «t’es fatigante» quand je lui ai demandé si elle allait bien.   Je croyais que cette année, ce serait différent.  Mais je me trompais.

Pourtant, il ne va rien se passer de spécial aujourd’hui.  Je sais bien qu’à 40 ans, je ne reçois plus de cadeaux depuis belle lurette.  Mais aujourd’hui, ça me fait de la peine.  J’aurais aimé me faire réveiller doucement en me faisant souhaiter un joyeux anniversaire.  Ben oui, j’aurais aimé ça!  Dans toute ma « bipolarité », je sais bien que je dis toujours que ça ne me dérange pas, mais ça n’est pas vrai.  Parce qu’aujourd’hui, ça me dérange que mon chum vive à 1h de route parce que j’aurais aimé qu’il soit là à mon réveil.  Mais j’étais seule ce matin, encore une fois.  Je croyais que cette année, ce serait différent.  Mais je me trompais.

Pourtant, je vais passer la journée à envier les filles dont le chum les traite comme des princesses lors de leur fête.  Parce que le mien, bien que ben ben fin, il ne fera rien.  Même si, comme toutes les filles (ou presque, pas de panique!), je rêve de bague et de fleurs, de fin de semaine dans le Nord et de souper aux chandelles.  J’ai jamais eu ça, moi, un chum qui me gâte (même si, selon mon chum actuel, il y a déjà une fille qui a avoué être avec lui parce qu’il la gâtait.  Ç’a l’air que rendu à moi, il ne reste plus rien).  Moi j’en ai gâté en masse du mâle par contre.  Y’a trois ans, j’avais même organisé un surprise-party à l’ex (AKA le gros cave) pour souligner son quarantième anniversaire avec tous ses amis et il a failli virer de bord à la porte parce que j’avais dit quelque chose qui ne faisait pas son affaire.  J’ai bien eu un souper surprise à mes 30 ans, mais ce sont mes amies qui étaient à l’origine du projet.   Je croyais que cette année, ce serait différent.  Mais je me trompais.

Pourtant, je suis assise seule dans ma classe, dans le noir, à espérer que la cloche ne sonne pas trop vite.  Parce que les larmes qui coulent sur mes joues, j’ai ben de la misère à les retenir.  Parce que j’ai le coeur gros comme un autobus avec beaucoup trop de passagers dedans.  Parce qu’encore une fois, je suis là pour tout le monde mais qui est là pour moi?  Personne.  Je devrais avoir l’habitude, pourtant, puisque c’est toujours comme ça.  La seule différence cette année c’est qu’il y a un groupe de femmes extraordinaires qui ont pensé à moi first thing in the morning.  Heureusement qu’elles sont là!  Pour le reste same old, same old.    Je croyais que cette année, ce serait différent.  Mais je me trompais.

Aujourd’hui c’est ma fête et pourtant… pourtant je n’ai jamais été aussi malheureuse un 25 octobre.   Je croyais que cette année, ce serait différent.  Mais je me trompais.

 

Comme une brique

J’pense que je t’ai jamais aimé…  C’est fou hein?  J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, et je réalise aujourd’hui qu’en fait.  Je ne t’ai jamais aimé.  Je n’ai jamais été amoureuse de toi.  J’ai aimé l’idée d’avoir retrouvé mon kick de jeunesse, je trouvais donc romantique de savoir qu’on ne s’était jamais vraiment oubliés, mais je ne suis jamais tombée amoureuse de toi.  En fait, après notre premier rendez-vous de «retrouvailles» (t’sais celui où tu as bitché contre ton ex pendant 3 heures), je n’avais aucune intention de te revoir.  Mais quand on est arrivés dehors et que tu m’as demandé, de but en blanc, «faque là on se revois tu ou…?» j’ai pas eu le courage de te dire non.  Je me suis dit que je me trouverais une excuse rendue là.  C’est cheap hein?  Je sais bien…  Puis quand tu m’as rappelée, ben, j’étais vulnérable.  Je trouvais le temps long toute seule chez moi, je t’avais quand même trouvé drôle la fois d’avant, ma fille était chez son père et je me suis dit «bof, pourquoi pas?».  Ouin…  Un autre 3h où, cette fois, on s’est remémoré des souvenirs du «bon vieux temps», potiné sur ce que nos anciens camarades de classe étaient devenus (ou pas!) et ri beaucoup.  Je te trouvais déjà plus sympa mais, l’attraction n’était pas là.  Puis ensuite, tu as parlé de souper ensemble.  Comme je savais que tu ne roulais pas sur l’or, c’est le moins qu’on puisse dire, j’ai proposé que l’on soupe chez moi.  Un brin nounoune, la fille.  Et le fameux soir du souper, ben j’ai bu trop de vin.  Et après que tu m’aies fait danser un slow, dans mon salon, sur «notre» toune d’ados, ben tu m’as embrassée et je t’ai laissé faire.  Tu embrassais plutôt bien, je dois l’avouer.  Puis on s’est retrouvé au lit.  Pis quand je me suis mise à pleurer pendant qu’on baisait, ben c’est pas parce que j’avais un flashback comme je t’ai fait croire.  C’est plutôt parce que je m’écoeurais moi-même de faire ce que j’étais en train de faire.  Parce que je te trouvais même pas beau.  Ça faisait juste un bail que j’avais pas baisé, mais je ne te désirais pas.

Et ça a continué pendant 2 ans.  Pendant 2 longues années, je me suis convaincue que j’étais follement amoureuse de toi, malgré mes amies qui me disaient «voyons donc, tu peux pas être amoureuse de lui, il te traite comme de la marde» et moi de te trouver des excuses, de moins en moins convaincantes.   Tu m’as quittée une fois, et j’ai pleuré et pleuré et pleuré à m’en rendre malade.  Mais tu es revenu et je t’ai repris, je ne comprends pas pourquoi. Il aura fallu que tu me laisses sans nouvelles, enceinte, et que je fasse une fausse-couche seule à l’hôpital pour que je fasse le move.  Pas fort de ma part mais c’est ce que ça aura pris.  Je ne t’ai jamais laissé, en fait.  J’ai juste jamais répondu à tes courriels, textos, messages, tous plus «gentils» les uns que les autres.  Et ce fût ça. Cette fois, je n’ai pas versé une larme, à part pour mon bébé perdu.  J’ai serré les dents à chaque fois qu’on mentionnait ton nom, par pure rage, pas par peine.

Quelques mois plus tard, j’ai rencontré quelqu’un.  Un beau quelqu’un.  Un bon quelqu’un.  Un quelqu’un qui m’a fait comprendre.  Me blottir contre lui m’a fait comprendre que si je n’avais aucune envie de te coller, ce n’était pas parce que je ne suis pas affectueuse; c’est parce que je ne t’aimais pas.  Avoir ses lèvres posées sur les miennes m’a fait comprendre que mon obsession de la brosse à dents n’était pas par souci d’hygiène buccale; c’est parce que je ne t’aimais pas.  Ne pouvoir m’empêcher d’avoir une main sur lui en permanence m’a fait comprendre que conduire manuel n’était pas vraiment un problème; c’est juste que je ne t’aimais pas.  Dormir à ses côtés m’a fait comprendre que les ronflements ne sont pas un problème; c’est parce que je ne t’aimais pas.  Tous ces petits gestes qui m’horripilaient chez toi me charment chez lui. Ses câlins impromptus, son désir insatiable, ses mains qui me cherchent toujours, son amour collant, envahissant, ça me comble.  Ça m’émeut.  Je l’aime.

Il m’aura fallu tout ce temps pour le réaliser, mais je ne t’aimais pas.

Mathias

Ton papa voulait t’appeler Matty.  Je préférais Mathias.  Tu aurais pu t’appeler Loraly aussi, mais j’ai su à la dernière minute que tu étais un garçon.  Je n’aurai toutefois jamais le plaisir, la joie de te dire que je t’aime, mon bonhomme.  De te tenir dans mes bras, de te bercer comme j’ai pu le faire avec ta grande soeur.  Parce que tu es parti avant.  Peut-être avais-tu deviné que papa n’était pas totalement prêt pour ta venue.  Peut-être sentais-tu que j’avais la trouille de t’élever seule.
Tu m’as fait peur si souvent, mon petit homme.  J’ai vu le médecin plus souvent que ma propre mère pendant ces 20 semaines.  Juste pour m’assurer que ton petit coeur battait encore.  Juste pour m’assurer que tu étais encore là malgré les saignements, les crampes et les craintes.  Les médicaments, les piqûres, tout y a passé.  Papa a paniqué un peu lui aussi, mais ton papa c’est un dur de dur, il a joué au plus fort, peut-être pour que moi j’aie moins peur.  Il t’a parlé aussi, c’était très mignon, il prenait mon nombril pour un micro et il te disait de rester accroché.  Mais en digne fils de deux têtes de cochon, tu n’en as fait qu’à ta tête.
Aujourd’hui, j’aurais une belle bedaine ronde et je me plaindrais de ressembler à une baleine.  Papa me dirait sûrement que je suis belle quand même et je ne le croirais pas.  Mais il aurait sûrement raison.  Me connaissant, ta chambre serait sûrement prête et j’attendrais ta venue avec impatience.  Papa aussi, sûrement.
Mais tu as choisi d’écourter ton séjour sur Terre.  J’ai essayé de me dire que c’est peut-être mieux comme ça vu que papa n’est plus là, mais je n’arrive pas à me croire.  Il n’était pas là non plus quand tu es parti jouer avec les anges, d’ailleurs.  Mais ça ne me console pas.  J’ai encore ton image gravée dans ma mémoire et dans mon coeur.  Je te vois, si minuscule, ton âme déjà partie. Je t’ai pleuré, tout en pleurant l’absence de ton papa, ça fait beaucoup de peine pour un seul coeur.
J’espère que tu es bien là où tu es, que tu t’amuses bien avec tous les autres minis qui sont partis trop vite.  J’espère que tu ne m’en veux pas d’avoir douté.   Je veux que tu saches, Mathias T., qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne pense à toi.  Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai toujours.  À un jour pas si proche, mon ange.
Ta maman qui t’aime

Goodbye

Un magnifique texte sur l amour ….  Je ne sais pas de qui ça vient, pris sur Facebook.  Je ne m’en attribue AUCUNEMENT les mérites!

Don’t settle for a love that leaves you feeling hollow and empty inside when you’re constantly giving pieces of yourself to him. Don’t settle for a love that doesn’t fill you to the brim with passion and desire. Don’t settle for a love that isn’t balanced. I know you love him, that’s why you stay. You stay because you want to believe there’s more to him. You want to be the one to crack the walls he’s built around his heart because you want him to let you all the way in, deeper than what he’s allowing you to know. And maybe it is as deep as it goes, maybe what he’s giving you is all he can offer, but that shouldn’t be enough for you. Some people love harder and deeper and that isn’t a bad thing. It simply means that you should be with someone who can love you equally as hard, you should be with someone who can love you equally as deep. You should be with someone who you feel satisfied with in every aspect because your hearts are compatible on a deeper level. Don’t settle for someone who can’t make your stomach fill with butterflies because you’re scared to be alone and you’re scared to live without him. Sometimes leaving is the best thing you can do for yourself. Yes — you’ll question everything, you’ll probably feel lost and alone, but you will start to heal on your own. You will find yourself and you will learn from your past. You’ll see things weren’t as good as you tried to convince yourself they were and you’ll feel whole on your own. You’ll find passions and love in unfamiliar places and you will cross paths with someone who loves you so deeply, and you will realize just how much you deserve. You will experience the deep love you are currently craving, but not receiving. All the love in his heart just might not be enough for you and that’s okay. Not everyone can love as wholly and deeply as you can. Walking away from a half-hearted love is hard, sweet girl, but you deserve to feel like you are worth it because you are. Don’t ever forget that.

Dépendance

J’aimerais ça que tu disparaisses.  C’est pas ben ben gentil mais j’aimerais ça que tu disparaisses.  Ça me rendrait service, tsé.  Juste pour ne pas vivre de rupture.  Parce que moi je ne serai jamais capable de te quitter.  Toi par contre, tu en es bien capable, on le sait.  Parce que tu l’as déjà fait, hein?  Avec toute la gentillesse qu’on te connaît. Sans compter toute les fois où tu m’as traitée de criss de folle, de timbrée, de cinglée, de container à marde… Quand tu m’as dit de me foutre ton cadeau de St-Valentin dans le cul parce qu’il y avait en masse de place.  Je t’ai écouté me dénigrer fois après fois, colère après colère, tout en te suppliant de rester, de ne pas me quitter, de ne pas m’abandonner…

If someone can fall asleep knowing you’re crying, knowing you’re hurting or didn’t get home safe, they don’t care for you… it’s time to move on.

Combien de fois tu m’as laissée m’inquiéter toute la nuit?  Probablement plus que je me rappelle.  Combien de fois as-tu rejeté mes appels ou fermé ton cell pour être bien sûr que je paniquerais?  Trop de fois pour que je veuille y penser.  De toute façon, tu finis toujours par dire que c’est de ma faute.  C’est moi qui t’ai fâché en faisant Dieu-sait-quoi, c’est moi qui n’ai pas arrêté de parler quand tu me l’as demandé (ou ordonné), c’est moi qui ferme jamais ma yeule bref, c’est moi qui te provoque…

Quand j’y pense pour vrai de vrai, je sais ben que ça n’a aucun maudit bon sens.  Que tout le monde et sa mère me dirait que je mérite mieux, beaucoup mieux.  Même si tu me dis d’arrêter de penser que je devrais être traitée comme une princesse, que je fais rien pour le mériter.  Quand j’y réfléchis pour vrai de vrai, je me dis qu’une partie de moi serait soulagée que tu ne sois plus là pour me causer tout ce stress.  Mais l’autre partie, celle qui te supplie de rester, celle qui est full dépendante affective, elle, elle capote juste à y penser.  J’en ai les mains qui shakent et mon ventre vire à l’envers.  Et je me dis que je passerais pas à travers une énième rupture amoureuse dans ma vie.  Que je n’y survivrais pas.  Que je ne peux pas vivre sans toi.  D’autres fois, je me dis que c’est comme un diachylon, que ça ferait extrêmement mal sur le coup mais qu’après, ça irait.  Mais même s’il est sale et à moitié décollé, je refuse de l’enlever, mon diachylon; c’est l’mien, j’le garde.  Et je stresse, et je stresse et j’angoisse et je stresse encore.  Quand je te sens distant, je suis à peine fonctionnelle.  Je fais des erreurs au boulot, j’ai une tête d’enterrement qui fait que tout le monde me demande ce que j’ai.  Et je ne peux pas répondre, tsé, parce qu’il faut bien que je te protège.  Parce que je ne veux pas entendre mes amis me dire de te laisser, que ça n’a pas de bon sens.  Alors je m’invente une perpétuelle fatigue.  C’est pas difficile parce que quand je te sens distant, je ne dors pas.  Je dors mal.  Je m’inquiète.  J’ai envie de t’appeler aux 5 minutes pour me rassurer.  Mais on oublie ça, s’il fallait que je t’appelle aux 5 minutes, tu pèterais les plombs ça ne serait pas long.  Et ce serait encore de ma faute.

J’voudrais tant que tu disparaisses.  Pas que tu meurs, que tu disparaisses.  Muté à Tombouctou, expatrié d’urgence pour cause de bêtise intense, caché incognito sous le programme de protection des témoins, peu importe.  Que je n’aie plus jamais à te faire face.  Ça ferait tellement moins mal de même.  Quoiqu’en écrivant, je me dis aussi que je ne veux pas que ça arrive, que je ne peux pas vivre sans toi.

J’pense que j’suis à bout…

J’oublie presque…

Quand je regarde ta photo, ça remplit mon corps de calme.  Mon tsunami intérieur se repose et mes épaules se détendent. Je respire mieux.

Quand je regarde ta photo, mes bras ont envie de s’ouvrir pour se diriger vers toi et te serrer fort tout contre moi.

Quand je regarde ta photo, un grand sourire niais pousse dans mon visage comme de la mauvaise herbe.

Quand je regarde ta photo, il y a mille souvenirs et mille odeurs qui remontent.  Des souvenirs de baiser, des sensations de caresses.  L’odeur de ton cou, tes yeux qui me regardent.

Quand je regarde ta photo, j’ai comme cette maudite envie de me retrouver la tête sur ton épaule, de mettre mon nez dans ton cou et de respirer ta peau.

Quand je regarde ta photo, avec un peu d’imagination, je te sens presque près de moi.  Je sens le fantôme de ta présence et j’oublie un peu que tu n’y es pas.

Quand je regarde ta photo, j’oublie presque que c’est pas toi, mon chum…